10 risques courants d’étouffement et 10 gestes à effectuer immédiatement si un aliment reste coincé
Oh oh, vous avez mangé votre déjeuner trop vite et vous sentez maintenant un gros morceau coincé dans la gorge. Que faire ? S’étouffer avec de la nourriture est étonnamment courant, mais c’est l’un de ces risques auxquels la plupart des gens ne pensent jamais et dont ils ne s’inquiètent pas tant qu’une urgence ne survient pas. À ce moment-là, chaque seconde compte. Vous ne le savez peut-être pas, mais certaines habitudes et certains problèmes de santé (comme le fait de manger sans faire attention ou les troubles neurologiques) peuvent rendre certaines personnes bien plus vulnérables que d’autres. Pour éviter de vous retrouver désemparé et pris de panique si cela vous arrive, à vous ou à un proche, voici les risques d’étouffement les plus courants à connaître, ainsi que les gestes à effectuer en cas d’incident.
1. Prendre des bouchées trop grosses
On est tenté d’enfoncer une grosse fourchette pleine dans la bouche quand on a faim, mais les bouchées trop grosses pour être mâchées correctement constituent l’une des principales causes d’étouffement chez les adultes. Lorsqu’un morceau de nourriture est trop gros, il ne peut pas être broyé suffisamment avant d’être avalé, et il risque bien davantage de se coincer dans la gorge en descendant. Couper vos aliments en morceaux plus petits et plus faciles à manger avant de les consommer est l’un des moyens les plus simples et les plus efficaces de réduire ce risque.
2. Manger en étant distrait
Consulter son téléphone, regarder la télévision ou se laisser emporter par une conversation pendant le repas est plus dangereux qu’il n’y paraît. Lorsque votre attention n’est pas concentrée sur l’acte de déglutition, la coordination entre la respiration et la déglutition peut facilement se désynchroniser, ce qui augmente le risque d’étouffement. Se concentrer sur son repas, ne serait-ce que quelques minutes, peut vraiment faire la différence.
3. Parler ou rire en mâchant
Raconte une anecdote drôle pendant le dîner peut sembler anodin, mais le fait de mâcher tout en parlant ou en riant crée un problème de coordination au niveau de la gorge. Votre corps doit gérer à la fois la respiration et la déglutition, et le faire alors que votre bouche bouge dans toutes les directions entraîne un risque inutile. Il vaut mieux prendre l’habitude d’avaler avant de parler, aussi drôle que soit l’anecdote.
4. Manger trop vite
Manger à la hâte augmente considérablement le risque d’étouffement. Lorsque vous mangez vite, vous avez moins tendance à bien mâcher vos aliments, et des morceaux encore trop gros peuvent rester coincés dans la gorge avant même que vous ne vous en rendiez compte. Ralentir et prendre son temps entre chaque bouchée n’est pas seulement bénéfique pour la digestion ; c’est aussi une mesure de sécurité essentielle.
5. Consommer de l'alcool avant ou pendant les repas
L’alcool affecte le mécanisme de déglutition de votre corps et atténue le réflexe nauséeux, deux éléments essentiels pour manger en toute sécurité. Même une quantité modérée d’alcool peut altérer la coordination nécessaire pour acheminer les aliments de votre bouche à votre estomac sans incident. Si vous buvez pendant un repas, il est particulièrement important de faire attention à la vitesse à laquelle vous mangez et à la quantité que vous ingérez.
6. Âge avancé
Avec l’âge, le réflexe nauséeux s’affaiblit naturellement et les muscles impliqués dans la déglutition peuvent se détériorer au fil du temps. Les personnes âgées sont également plus susceptibles de souffrir de problèmes dentaires qui affectent leur capacité à bien mâcher les aliments, ce qui aggrave encore davantage le risque. Pour les personnes âgées, prêter une attention particulière à la texture des aliments et à la taille des portions est un élément particulièrement important pour manger en toute sécurité.
7. Troubles neurologiques et troubles de la déglutition
Certaines pathologies, notamment la maladie de Parkinson, les AVC et d’autres troubles neurologiques, peuvent affecter directement la capacité d’une personne à avaler correctement. Ces pathologies perturbent la coordination des muscles de la gorge, ce qui rend beaucoup plus difficile le passage des aliments dans les voies respiratoires en toute sécurité. Les personnes atteintes de ces pathologies courent un risque nettement accru d’étouffement et doivent élaborer, en collaboration avec leur équipe soignante, des stratégies alimentaires sûres.
8. La consommation de certains aliments à haut risque
Certains aliments présentent un risque d’étouffement plus élevé que d’autres, en particulier ceux qui sont ronds, collants ou difficiles à couper en morceaux. Les raisins entiers, les bonbons durs, les fruits à coque, les morceaux de viande et les légumes crus figurent parmi les aliments les plus souvent cités comme sources de risque, notamment chez les enfants. Connaître les aliments qui présentent un risque plus élevé et les préparer en conséquence peut grandement contribuer à la prévention.
9. L'alimentation des jeunes enfants
Les enfants de moins de quatre ans sont particulièrement exposés au risque d’étouffement, car leurs voies respiratoires sont étroites et leur capacité à mâcher est encore en cours de développement. Des aliments que les adultes consomment sans y prêter attention, comme les raisins secs, le pop-corn ou le beurre de cacahuète, peuvent représenter un danger sérieux pour les jeunes enfants qui ne sont pas encore capables de les mâcher correctement. Surveiller les jeunes enfants pendant les repas et éviter les aliments à haut risque pour leur tranche d’âge sont deux des mesures les plus importantes qu’un adulte responsable puisse prendre.
10. Activité physique immédiatement après ou pendant le repas
Courir, jouer ou toute autre activité physique intense juste avant ou après les repas augmente considérablement les risques d’étouffement, en particulier chez les enfants. Lorsqu’un enfant prend une grande inspiration en courant, il peut involontairement aspirer un morceau de nourriture qui se trouve encore dans sa bouche ou sa gorge. Il est préférable de limiter l’activité physique pendant les repas et de laisser passer un peu de temps après le repas pour que l’enfant se repose avant de reprendre une activité physique.
Maintenant que vous savez ce qui expose les personnes à ce risque, l’étape suivante consiste à savoir quoi faire lorsqu’un aliment reste réellement coincé. Que vous soyez la personne qui s’étouffe ou que vous soyez présent lorsque cela se produit, être préparé peut sauver une vie — voici donc exactement ce qu’il faut faire.
1. Gardez votre calme et évaluez la situation
La première chose à faire lorsqu’un morceau de nourriture reste coincé est de prendre une inspiration et d’évaluer rapidement la gravité de l’obstruction. Si vous pouvez encore tousser, parler ou respirer, les voies respiratoires ne sont que partiellement obstruées, et une toux forte et délibérée suffit souvent à déloger le morceau de nourriture tout seul. La panique peut vous pousser à haleter ou à faire des mouvements brusques qui aggravent la situation ; il est donc essentiel de rester aussi calme que possible pendant ces premières secondes.
2. Encourager la toux
Une toux vigoureuse est le mécanisme naturel de l’organisme pour éliminer une obstruction, et c’est toujours la première chose à essayer lorsque les voies respiratoires ne sont pas complètement obstruées. Encouragez la personne qui s’étouffe (ou vous-même, si c’est votre cas) à tousser aussi fort et aussi délibérément que possible, plutôt que par de courtes et faibles secousses. Si la toux suffit à résoudre le problème et que la respiration redevient normale, aucune autre intervention n’est nécessaire.
3. Appelez immédiatement les services d'urgence
Si l’obstruction ne se résorbe pas en quelques instants ou si la personne ne parvient pas à respirer, à parler ou à émettre le moindre son, il est impératif d’appeler immédiatement les services d’urgence. Une obstruction complète des voies respiratoires constitue une urgence médicale, et des lésions cérébrales peuvent apparaître dès les cinq premières minutes suivant l’arrêt de la respiration. N’attendez pas de voir si la situation s’améliore d’elle-même ; passez l’appel et restez en ligne pendant que vous intervenez.
4. Pratiquer les coups dans le dos
Placez-vous légèrement sur le côté et derrière la personne qui s’étouffe, penchez-la vers l’avant et soutenez sa poitrine d’une main. Avec la paume de votre autre main, donnez jusqu’à cinq coups fermes entre ses omoplates, en vérifiant après chaque coup si l’obstruction a disparu. Les coups dans le dos peuvent s’avérer étonnamment efficaces et doivent toujours être essayés avant de passer aux compressions abdominales.
5. Effectuer des compressions abdominales (manœuvre de Heimlich)
Si les tapes dans le dos n’ont pas fonctionné, passez aux compressions abdominales en vous plaçant derrière la personne et en passant vos bras autour de sa taille. Serrez le poing d’une main, placez-le juste au-dessus du nombril, puis recouvrez-le de votre autre main avant de tirer brusquement vers l’intérieur et vers le haut. Répétez ce geste jusqu’à cinq fois, en alternant si nécessaire avec des séries de tapes dans le dos, jusqu’à ce que l’objet soit délogé ou que les secours arrivent.
6. Pratiquez la manœuvre de Heimlich sur vous-même si vous êtes seul(e)
Si vous vous étouffez et qu’il n’y a personne d’autre à proximité, vous pouvez essayer de vous administrer vous-même des compressions abdominales en attendant l’arrivée des secours. Serrez le poing, placez-le au-dessus de votre nombril, saisissez-le de l’autre main, puis effectuez une poussée vers l’intérieur et vers le haut ; vous pouvez également vous pencher en avant contre une surface dure, comme une chaise ou un plan de travail, pour augmenter la force de la poussée. Appelez d’abord les services d’urgence si cela est possible, car les techniques d’auto-assistance sont moins fiables que l’intervention d’une autre personne.
7. Essayez de boire de l'eau en cas de légère obstruction de la gorge
Lorsque la nourriture a emprunté le bon canal mais semble coincée dans la gorge sans pour autant obstruer les voies respiratoires, boire de l’eau à petites gorgées (ou avaler un morceau de riz cuit ou de pain) peut parfois aider à la faire passer. Cette méthode n’est indiquée que dans les cas où la personne respire normalement et ne présente aucun signe d’obstruction complète. Si boire de l’eau ne soulage pas la gêne rapidement, ou si les symptômes s’aggravent, consultez un médecin plutôt que de continuer à attendre que cela passe.
8. N'essayez pas d'extraire un os vous-même
Si un os de poisson ou de poulet reste coincé dans la gorge, on peut être très tenté d’essayer de l’extraire avec les doigts ou d’avaler du pain ou de la purée pour le faire descendre, mais ces deux méthodes peuvent entraîner de graves blessures. Tâtonner dans la gorge peut enfoncer l’os plus profondément ou provoquer des lacérations des tissus environnants, transformant ainsi une situation gérable en une situation bien plus grave. Ce type d’obstruction nécessite une intervention par un professionnel ; rendez-vous donc dès que possible dans un centre de soins d’urgence ou aux urgences.
9. Commencez la réanimation cardio-pulmonaire si la personne perd connaissance
Si une personne qui s’étouffe ne réagit plus, allongez-la délicatement au sol et commencez immédiatement la réanimation cardio-pulmonaire (RCP). Chaque fois que vous dégagez les voies respiratoires pour pratiquer les insufflations, examinez l’intérieur de la bouche et retirez tout obstacle visible avant de continuer. La RCP permet de maintenir l’apport d’oxygène au cerveau et aux autres organes vitaux, ce qui fait gagner un temps précieux jusqu’à l’arrivée des secours.
10. Consultez un médecin même après la disparition de l'obstruction
Même si le morceau de nourriture finit par se déloger et que la respiration redevient normale, il est recommandé de consulter un professionnel de santé par la suite, surtout si l’épisode a été prolongé ou a nécessité l’utilisation d’une force importante. Les compressions abdominales et les tapes dans le dos peuvent parfois provoquer des ecchymoses ou des lésions internes, et il est important d’écarter ces risques. Un médecin peut également déterminer si de la nourriture s’est introduite dans la trachée pendant l’épisode, ce qui peut augmenter le risque d’infection pulmonaire si ce problème n’est pas pris en charge.