Certains aliments ne sont pas officiellement retirés du marché. Ils disparaissent simplement petit à petit. Sans annonce, sans adieu. Un jour, on se rend compte qu’on ne les a pas vus depuis des années et qu’on ne parvient pas vraiment à déterminer quand ils ont disparu. C’est une perte étrange, qui s’apparente davantage à l’oubli qu’au deuil. Voici 20 aliments qui faisaient autrefois partie des incontournables des cuisines, des diners et des caddies américains, et qui méritent au moins un moment d’attention avant d’être complètement tombés dans l’oubli.
1. Chow mein en conserve
Il suffisait de prendre une boîte de La Choy, de la verser sur des nouilles croustillantes sorties de leur boîte en carton, et le dîner était prêt. Personne n’aurait qualifié cela de cuisine chinoise authentique, mais là n’était pas le but. À un moment donné, entre l’essor des plats à emporter et l’abandon général des plats en conserve, ce n’était tout simplement plus le choix qui s’imposait.
2. Moules à gelée
Des fruits en gelée de citron vert ou des carottes râpées au citron ont orné pendant des décennies, en toute sincérité, les repas partagés et les tables de fête. Aujourd’hui, ils font figure de plaisanterie, ce qui est dommage, car ils avaient quelque chose de véritablement authentique.
3. Jambon épicé
Autrefois, les petites boîtes de jambon épicé étaient empilées près du thon et du SPAM, et les gens en achetaient vraiment. Tartiné sur des crackers ou du pain blanc, c’était salé, un peu piquant et tout à fait sans prétention. Techniquement, ce produit existe toujours, mais il est désormais invisible dans la plupart des rayons : relégué tout au fond, il est de moins en moins commandé, jusqu’à disparaître complètement.
4. Cornichons « Bread and Butter »
Ils n’ont pas complètement disparu, mais ils ont été relégués tellement en marge que les dénicher ressemble à une petite victoire. Sucrés, finement tranchés et au goût doux, ils ont été pendant des générations le choix par défaut sur les plateaux d’amuse-bouches. L’engouement actuel pour les cornichons privilégie les « half-sours » et les cornichons à l’aneth fermentés, ce qui est très bien, mais l’humble « bread and butter » a été injustement laissé pour compte.
5. Plats préparés en barquettes en aluminium
Le premier plat-repas, présenté dans un barquette en aluminium compartimentée, était un véritable objet culturel. La version de Swanson comprenait du poulet frit, du pain de maïs et des petits pois, qui étaient toujours les plus cuits. Le plat-repas en barquette plastique pour micro-ondes l’a remplacé, mais la version en papier d’aluminium était associée à un rituel qui n’a jamais survécu à cette transition.
6. Tranches de pain grillées garnies de morceaux de bœuf à la crème
Les générations de militaires connaissaient ce plat, tout comme ceux dont les parents ont vécu les années d’après-guerre. Du bœuf séché coupé en fines tranches, nappé d’une sauce blanche et servi sur du pain grillé : cela peut paraître discutable jusqu’à ce qu’on y goûte, mais on comprend alors tout à coup pourquoi c’est si bon. On le sert encore dans quelques restaurants de la Pennsylvanie et de l’Ohio, mais dans la majeure partie du pays, il a disparu depuis des décennies.
7. Jus de prune
Autrefois, on trouvait du jus de pruneau dans toutes les épiceries, tous les hôpitaux et dans le réfrigérateur de tous nos aînés. Les gens en buvaient sans aucune gêne. À un moment donné, il est devenu un sujet de plaisanterie sur le vieillissement, ce qui est dommage, car il possède une saveur intense que la plupart des jus de fruits n’ont pas. Les blagues ont eu le dessus. Le jus a perdu.
8. Foie aux oignons
Ce n’était qu’un dîner. Pas une spécialité, juste un repas de mardi comme les autres : du foie de bœuf aux oignons caramélisés et de la purée de pommes de terre. On savait tout de suite si sa famille aimait le foie ou non. À mesure que la génération qui préparait régulièrement ce plat quittait la cuisine, le plat a disparu avec elle.
9. Les « Lime Rickeys »
Le « lime rickey » était un grand classique des fontaines à soda : de l’eau gazeuse, du jus de citron vert et une touche de sucré, le tout servi dans un grand verre. Il a survécu dans quelques poches régionales, principalement en Nouvelle-Angleterre, mais il a disparu de la scène nationale à la fin de l’ère des fontaines à soda et n’est jamais revenu.
10. Salade Waldorf
Des pommes, du céleri, des noix et de la mayonnaise. La salade Waldorf était véritablement élégante lorsqu’elle a été inventée au Waldorf-Astoria dans les années 1890, et elle est restée au menu pendant près d’un siècle. Au cours des années 1990, elle a été cataloguée comme démodée, sans jamais bénéficier du regain d’intérêt rétro dont ont bénéficié d’autres plats vintage. Il serait grand temps qu’elle en profite.
11. Salade d'ambroisie
Des guimauves, des mandarines, de la noix de coco râpée et du Cool Whip. L’« ambrosia » était ce dessert qui se faisait passer pour une salade, et tout le monde à table comprenait le jeu. On le retrouvait régulièrement lors des repas-partage à l’église et des réunions de famille tout au long des années 1980, et sa disparition quasi totale de la culture culinaire générale apparaît comme une véritable perte.
12. Fondue au fromage
La fondue a connu un véritable engouement dans les années 1970. Le caquelon, les longues fourchettes, le morceau de pain, tout ce rituel évoquait un certain type d’adulte doté d’une cuisine d’un certain standing. La fondue au chocolat a perduré plus longtemps, mais la version originale au fromage s’est discrètement retirée, emportée par le vent de l’époque. Elle mérite un retour en force plus que la plupart des autres plats de cette liste.
13. Viande en conserve
Celui-ci trônait dans le même rayon des conserves que le jambon épicé : bon marché, salé, et consommé sans cérémonie. On l’étalait sur des crackers ou du pain blanc, et le déjeuner était servi. Il n’a pas complètement disparu, mais il a été relégué si loin en marge de la culture culinaire dominante qu’on pourrait presque croire qu’il a disparu.
14. Tarte glacée au citron
Ni tarte au citron meringuée, ni tarte au citron. Une tarte au citron « icebox », préparée avec du lait concentré et une pâte à base de biscuits Graham, servie tout droit sortie du réfrigérateur. C’était un grand classique du Sud et un incontournable de l’été qui ne demandait pratiquement aucun effort. L’engouement pour les cheesecakes l’a fait passer au second plan, ce qui est dommage, car rien n’est plus simple ni plus satisfaisant lors d’un après-midi chaud.
15. Poivrons farcis
Les poivrons farcis étaient aussi courants dans les cuisines du milieu du siècle que le pain de viande et le rôti en cocotte : du bœuf haché, du riz et de la sauce tomate cuits au four dans un poivron coupé en deux. Copieux, bon marché, faciles à préparer. Au fil du temps, ils ont fini par être associés à un style de cuisine jugé démodé, et ils n’ont jamais vraiment retrouvé leur place dans le menu hebdomadaire.
16. Maïs à la crème en conserve
Le maïs en crème en conserve était autrefois un accompagnement classique du poulet rôti ou des côtelettes de porc, servi sans grande cérémonie. L’essor du maïs frais et surgelé a fait passer la version en conserve pour un choix de second ordre. On le trouve toujours en rayon, mais il est désormais davantage utilisé comme ingrédient à incorporer dans le pain de maïs plutôt que comme accompagnement d’un repas.
17. Cocktail de fruits
Des morceaux de pêches et de poires, des cerises au marasquin coupées en deux, parfois un grain de raisin vert : pendant la majeure partie du XXe siècle, une boîte de cocktail de fruits constituait un véritable dessert, servi dans un bol avec le jus de la boîte. Ce dessert ne prétendait jamais être autre chose que ce qu’il était, mais cette honnêteté ne lui a pas suffi pour s’imposer.
18. Bœuf Stroganoff
Des nouilles aux œufs, de la crème fraîche et de tendres lamelles de bœuf faisaient du stroganoff un dîner sur lequel on pouvait compter, un peu raffiné sans pour autant nécessiter beaucoup de savoir-faire. Ce plat a connu son apogée dans les années 1960 et 1970, avant de disparaître progressivement tant des menus des restaurants que des menus de semaine habituels de la plupart des gens.
19. Les « Pigs in a Blanket » (version petit-déjeuner)
Il ne s’agit pas de la saucisse cocktail servie dans un petit pain en croissant. La version « petit-déjeuner » consistait en une petite saucisse enroulée dans une crêpe, servie avec des œufs et des galettes de pommes de terre dans les diners à travers tout le pays. La version « cocktail » a survécu. La version « petit-déjeuner », quant à elle, a pour la plupart disparu, ce qui est regrettable.
20. Pudding au tapioca
Le tapioca occupait autrefois une place de choix dans la section « desserts » des menus des diners, aux côtés de la vanille et du chocolat. Ces petites perles translucides noyées dans une crème anglaise onctueuse avaient une texture que certains trouvaient apaisante et d’autres dérangeante, selon à qui l’on demandait, et ceux qui ne l’aimaient pas semblent avoir eu le dernier mot. Le tapioca a disparu discrètement et sans faire de vagues, exactement comme il l’aurait souhaité.