Autrefois, certains aliments étaient simples. On les mangeait parce qu’ils avaient bon goût, parce qu’ils ne coûtaient pas cher, ou parce qu’ils tombaient à pic et faisaient l’affaire. Puis la culture du bien-être a fait son apparition, avec ses bocaux en verre dépoli, ses étiquettes beiges et son talent pour transformer le déjeuner en devoir scolaire. Du jour au lendemain, des aliments tout à fait normaux devaient être fonctionnels, adaptogènes, probiotiques, riches en protéines ou en harmonie spirituelle avec votre intestin. Voici 20 aliments qui se portaient très bien avant que les gens n’essaient d’en faire des projets de développement personnel.
1. Céréales
Avant, les céréales, c’était un bol de petits morceaux croustillants qu’on mangeait à moitié endormi en lisant le dos de la boîte. Aujourd’hui, elles se vendent dans des petits sachets à onze dollars qui promettent des « protéines pures », mais qui ont le goût de chips d’emballage saupoudrées de cannelle. Parfois, on a juste envie de flocons, pas d’un sermon.
2. Beurre de cacahuètes
Le beurre de cacahuète était déjà presque parfait : salé, onctueux, légèrement sucré, et délicieux sur une tartine à minuit. Puis il s’est retrouvé transformé en poudre en pot, en mélanges à base de fruit du moine, et en « pâtes à tartiner performantes » contenant du collagène caché dans les petits caractères. L’ancien beurre de cacahuète collait au palais, et c’était justement ce qui faisait tout son charme.
3. Yaourt
Le yaourt a toujours eu une image saine, mais on le considérait quand même comme un aliment. Aujourd’hui, la moitié du rayon yaourts ressemble à un rayon de compléments alimentaires déguisé en produit laitier. On trouve des yaourts pour la digestion, l’immunité, le moral, le sommeil, et sans doute même pour résoudre des schémas de l’enfance non résolus.
4. Chocolat
Le chocolat n’avait pas besoin de devenir un sujet de débat moral. Un carré de chocolat noir après le dîner était autrefois synonyme de plaisir, et non d’antioxydants, de magnésium et de « plaisir responsable ». Le plus triste, c’est celui qui a le goût de l’écorce et qui, malgré tout, semble vouloir être applaudi.
5. Pain
Le pain remplissait déjà parfaitement son rôle. Il était bon marché, nourrissant et délicieux avec du beurre, de la confiture, des œufs ou tout ce qui restait dans le frigo. Puis, le marketing axé sur le bien-être a transformé chaque miche en une véritable déclaration : au germe, aux graines, cétogène, paléo, sans gluten, ou à base d’une céréale ancienne à l’histoire spectaculaire. Parfois, un simple toast suffit.
6. Glace
Avant, la glace, c’était juste un petit plaisir, un point c’est tout. Puis sont arrivées ces barquettes qui se vantent de leur teneur en protéines, de leur faible teneur en calories, de leurs fibres et de leurs alcools de sucre qui font que ton estomac remet en question tous tes choix de vie. Le congélateur est désormais rempli de desserts qui se prennent pour des appareils de gym.
7. Pâtes
Le but premier des pâtes, c’est le réconfort. Elles réclament de la sauce, du fromage, et peut-être un dimanche après-midi tranquille. La tendance « bien-être » les a transformées en spirales de pois chiches, en coudes de lentilles et en penne aux petits pois qui moussent bizarrement dans la casserole et ont un goût qui rappelle vaguement le compromis.
8. Café
Le café faisait déjà beaucoup. Il réveillait les gens, leur offrait un rituel et rendait les conversations de bureau supportables. Aujourd’hui, on y ajoute des champignons, du beurre, du collagène, des nootropiques, et on promet une concentration si intense qu’on en vient à regretter les petites secousses habituelles.
9. Granola
Au départ, le granola semblait plutôt sain, puis il s’est transformé en un piège du bien-être, avec la même charge émotionnelle que les bonbons. Une poignée semble inoffensive jusqu’à ce qu’on lise l’étiquette et qu’on se rende compte qu’elle contient trois sortes de sirop et assez de calories pour alimenter une petite randonnée. Bizarrement, les « bouchées au cacao et aux céréales anciennes » disparaissent toujours plus vite que les vrais biscuits.
10. Jus
Autrefois, le jus n’était rien d’autre que du fruit sous forme liquide, principalement consommé par les enfants et les personnes en convalescence après une grippe. Puis sont arrivées les bouteilles de jus pressé à froid, d’un vert éclatant et vendues au prix des soins de beauté. Boire du céleri au citron ne devrait pas donner à quiconque un sentiment de supériorité, mais le design de la bouteille ne cesse d’y contribuer.
11. Pop-corn
Le pop-corn, c’était quand il sortait tout chaud, salé et un peu trop beurré d’un seau de cinéma. Le pop-corn « bien-être », lui, se veut soufflé à l’air chaud, assaisonné de sel de l’Himalaya, arrosé d’huile d’avocat et saupoudré de levure nutritionnelle. C’est encore bon de temps en temps, mais ça a perdu ce petit plaisir un peu gras qui fait briller les doigts dans le noir.
12. Cookies
Les biscuits ne devraient pas contenir de macros. Ils devraient avoir des miettes, un cœur moelleux, et peut-être donner lieu à une petite dispute pour savoir qui a pris le dernier. Les biscuits protéinés réussissent souvent l’impossible : ils sont denses, secs, chers, et pourtant pas particulièrement bons pour la santé.
13. Chips
À l’origine, les chips étaient conçues pour leur croquant, leur saveur salée et cet optimisme insouciant qui nous pousse à ouvrir un paquet « juste pour en grignoter quelques-unes ». Aujourd’hui, elles sont fabriquées à partir de manioc, de petits pois, de haricots, de chou-fleur et de tout ce qui peut être pressé en forme de triangle. Certaines sont bonnes, mais trop d’entre elles ont le goût d’une idée de chips expliquée par e-mail.
14. Smoothies
Avant, les smoothies, c’était juste des fruits, de la glace et, parfois, un peu de yaourt si on avait envie de se faire plaisir. Puis ils se sont transformés en « expériences bien-être » à 14 dollars, à base de protéines en poudre, de spiruline, de pollen d’abeille, de maca, et portant des noms comme « Glow Reset ». Il faut une cuillère, une paille… et un petit prêt.
15. Flocons d'avoine
Avant, le porridge était un plat simple. Il était chaud, bon marché, et se contentait parfaitement d’un peu de sucre roux ou de tranches de banane. Aujourd’hui, le porridge « bien-être » s’est transformé en parfaits de porridge préparés la veille, disposés en couches dans des bocaux, riches en graines de chia, enrichis en protéines, et photographiés comme s’ils avaient leur propre agent publicitaire.
16. Salade
La salade était déjà un choix sain sans en faire tout un plat. Puis elle est devenue un symbole de statut social, garnie de graines germées, de légumes fermentés, de croûtons sans céréales et de vinaigrettes qualifiées de « bonnes pour l’intestin ». Parfois, la laitue n’a envie que d’une simple vinaigrette ranch.
17. Muffins
18. Soda
Les sodas n’ont jamais prétendu être des boissons saines, et cette franchise était rafraîchissante. Aujourd’hui, on trouve des sodas prébiotiques dans des canettes élégantes, qui favorisent la digestion tout en essayant de satisfaire notre envie de cola. Ils peuvent être savoureux, mais les rots semblent étrangement « de marque ».
19. Crêpes
Les pancakes doivent être moelleux, dorés et légèrement fondants sous une noisette de beurre fondu. Les pancakes « bien-être » à base de mélange protéiné ou de farine d’amande peuvent vite devenir caoutchouteux, comme si le petit-déjeuner avait décidé de s’inscrire à un stage d’entraînement intensif. Le sirop doit rester du sirop, pas un écart de conduite.
20. Bonbons
Autrefois, les bonbons étaient merveilleusement légers. On les trouvait aux caisses des supermarchés, au cinéma, dans les seaux d’Halloween et dans les poches des vestes. Aujourd’hui, il existe des bonbons gélifiés « meilleurs pour la santé » et des chocolats à faible teneur en sucre qui coûtent trop cher et qui finissent quand même par vous faire regretter de ne pas avoir acheté les vrais.