10 plats qui étaient à l’origine des « plats des pauvres » et 10 qui ont vu le jour dans les cuisines royales
Certains plats célèbres ont vu le jour sous l’effet de la pénurie, à partir de pain rassis, de légumes bon marché ou de tout ce que les familles ouvrières pouvaient se procurer localement. D’autres ont été créés ou perfectionnés pour les monarques, les cours impériales et les banquets d’apparat, où les cuisiniers professionnels disposaient d’ingrédients coûteux, d’un personnel nombreux et devaient satisfaire des convives exigeants. Voici 10 plats qui étaient à l’origine des « plats de pauvres » et 10 autres issus des cuisines royales.
1. Ribollita
La ribollita trouve son origine dans la tradition toscane consistant à étaler la consommation d’une soupe de légumes sur plusieurs repas. Les familles rurales réchauffaient des haricots, des légumes verts et des restes de pain ; le nom de ce plat signifie littéralement « ce qui est bouilli à nouveau ».
2. Panzanella
Les paysans toscans ne pouvaient pas se permettre de jeter le pain simplement parce qu’il était devenu sec. Ils ramollissaient les morceaux rassis avec de l’eau et les mélangeaient avec des oignons, de l’huile, du vinaigre et, dans des versions plus récentes, des tomates. Le résultat transformait le pain rassis en un repas rafraîchissant qui ne nécessitait ni viande coûteuse ni préparation élaborée.
3. Polenta
Pendant des générations, la polenta a constitué un aliment de base abordable et nourrissant pour les communautés les plus modestes du nord de l’Italie. Les premières recettes utilisaient des céréales telles que le millet ou le sarrasin, tandis que le maïs s’est imposé après son arrivée en Europe depuis les Amériques.
4. Pasta e fagioli
Les « pasta e fagioli » s’inscrivent dans la vaste tradition italienne de la « cucina povera », c’est-à-dire une cuisine adaptée aux moyens limités des ménages. Les haricots apportaient des protéines à moindre coût, tandis que les petites pâtes fournissaient des glucides et rendaient le repas plus copieux.
5. Ratatouille
La ratatouille est née en Provence comme un plat de légumes tout simple, bien loin d’une présentation raffinée composée de tranches parfaitement disposées. Les agriculteurs et les familles de travailleurs cuisinaient ensemble les produits d’été tels que les courgettes, les aubergines, les poivrons, les oignons et les tomates.
6. Bouillabaisse
Les premières formes de bouillabaisse étaient préparées par les pêcheurs des environs de Marseille à partir des parties de la prise difficiles à vendre. Divers petits poissons méditerranéens, souvent pleins d’arêtes, étaient mijotés avec des herbes aromatiques pour créer un repas communautaire savoureux. Les versions modernes servies au restaurant comprennent souvent des fruits de mer coûteux, ce qui les rend nettement plus luxueuses que le plat populaire qui les a inspirées.
7. Acquacotta
L’« acquacotta », qui signifie « eau cuite », est originaire des zones rurales de Toscane et était particulièrement associée aux bergers et aux ouvriers agricoles. Cette soupe aux ingrédients variés pouvait contenir des oignons, des tomates, des légumes verts sauvages, du pain et, parfois, un œuf lorsqu’on en avait à disposition. Ses ingrédients variaient au gré des saisons, car elle était élaborée en fonction des besoins plutôt que selon une recette fixe.
8. Gazpacho
Les premières versions du gazpacho étaient des plats pratiques destinés aux ouvriers du sud de l’Espagne, composés de pain, d’eau, de vinaigre, d’huile d’olive et d’ail. Les tomates et les poivrons sont arrivés en Europe à la suite des contacts avec les Amériques et ont été intégrés aux versions ultérieures de ce plat.
9. Shepherd’s Pie
Le « shepherd’s pie » permettait aux ménages de réutiliser la viande cuite plutôt que de laisser se perdre de précieux restes. De la viande coupée en morceaux ou hachée était recouverte de purée de pommes de terre, puis cuite au four pour servir de garniture à un deuxième repas. Ce terme s’est imposé en Grande-Bretagne au cours du XIXe siècle, le terme « cottage pie » étant souvent utilisé dans un sens plus large, tandis que « shepherd’s pie » était de plus en plus associé à l’agneau.
10. Bubble and Squeak
Les familles britanniques préparaient du « bubble and squeak » en faisant frire des restes de pommes de terre et de légumes cuits, notamment du chou. C’était un moyen simple de transformer les restes d’un dîner précédent en un autre repas chaud.
1. Poulet « Coronation »
Le « Coronation chicken » a été créé pour le banquet organisé après le couronnement de la reine Élisabeth II en 1953. Rosemary Hume et Constance Spry ont mis au point ce plat, officiellement appelé « poulet reine Élisabeth », afin de proposer une solution pratique pour accueillir des centaines d’invités. Sa sauce assaisonnée reflétait l’intérêt des Britanniques de l’après-guerre pour les saveurs internationales, tout en restant adaptée à un service à grande échelle.
2. Sachertorte
Franz Sacher a créé la Sachertorte originale en 1832, alors qu’il travaillait au service de l’homme d’État autrichien, le prince Klemens von Metternich. Selon la légende, le jeune apprenti aurait préparé ce gâteau au chocolat lorsque les cuisiniers expérimentés n’avaient pas réussi à réaliser un dessert important.
3. Canard laqué
Les plats à base de canard rôti apparaissent dans les textes chinois bien avant que la version servie aujourd’hui dans les restaurants ne se généralise. Cette préparation a été étroitement associée aux cuisines impériales, en particulier sous les dynasties Ming et Qing, où les cuisiniers ont perfectionné les techniques permettant d’obtenir une peau croustillante.
4. Biryani
Le biryani a des origines variées, et les historiens de l’alimentation continuent de débattre pour déterminer où exactement ses premières formes reconnaissables sont apparues. En Asie du Sud, cependant, les cuisines impériales mogholes ont joué un rôle important dans le perfectionnement de combinaisons élaborées de riz assaisonné, de viande, d’herbes aromatiques et de safran. Les cuisiniers régionaux ont ensuite créé de nombreuses variantes reflétant les ingrédients et les traditions culinaires locales.
5. Navratan Korma
Le navratan korma est associé à la cuisine raffinée des cours mogholes. Son nom fait référence aux « neuf joyaux », une expression également liée aux célèbres cercles de conseillers et d’artistes des cours impériales, bien que les recettes n’utilisent pas toujours exactement neuf ingrédients.
6. Shahi Tukda
Le shahi tukda est généralement associé à la cuisine royale de l’époque moghole dans le sous-continent indien, bien qu’il soit difficile de vérifier avec certitude qui en est l’inventeur. Ce pain frit est trempé ou nappé de lait sucré, de fruits à coque, de safran et d’autres ingrédients riches. Son nom même témoigne de son statut courtois, puisque « shahi » désigne quelque chose de royal ou digne d’un souverain.
7. Potage à la reine
Le « potage à la reine » fit son apparition dans la cuisine des élites françaises au début de l’époque moderne. Les recettes historiques associaient généralement de la volaille, du bouillon, des amandes, du pain, de la crème ou des jaunes d’œufs pour obtenir une texture onctueuse et d’une richesse inhabituelle.
8. Dillegrout
Le « dillegrout » était un ragoût de viande épicé traditionnellement servi depuis des siècles lors des banquets de couronnement anglais. Le manoir d’Addington était soumis à l’obligation pour son seigneur de présenter ce plat lors du couronnement d’un monarque.
9. Kåldolmar
Les rouleaux de chou farcis suédois ont été associés à la cour royale après que le roi Charles XII eut passé plusieurs années en territoire ottoman au début du XVIIIe siècle. Les rouleaux farcis à la manière ottomane ont influencé la version qui s’est imposée en Suède, où le chou a progressivement remplacé les feuilles de vigne, plus couramment utilisées.
10. Kaiserschmarrn
Le Kaiserschmarrn est une crêpe autrichienne émiettée dont le nom signifie en gros « le désordre de l’empereur ». Il est étroitement associé à l’empereur François-Joseph Ier, bien que plusieurs versions contradictoires expliquent comment ce plat a fait son apparition à la cour impériale.