S’engager sur la Piste de l’Oregon signifiait abandonner le confort d’une cuisine fixe et apprendre à cuisiner sur un feu de camp, par tous les temps. Vous auriez été étonné de voir la créativité qu’il fallait pour transformer quelques centaines de kilos de farine, de lard et de haricots secs en une nourriture capable de nourrir une famille pendant six mois éprouvants. Dans cette optique, voici 20 éléments sur lesquels les pionniers comptaient pour tenir le coup.
1. Le biscuit au levain classique
Chaque famille avait au moins un levain bien vivant, soigneusement rangé dans son chariot. Il suffisait de le mélanger à de la farine et de l’eau pour en faire des petits pains moelleux. Ceux-ci constituaient la base de presque tous les petits-déjeuners.
2. Porc salé frit
Les voyageurs empruntant la Piste de l’Oregon se nourrissaient généralement de porc salé pendant les mois d’été, car la viande fraîche se gâtait. Il fallait d’abord faire tremper le porc dans l’eau pour en éliminer une partie du sel, puis le faire frire dans une poêle jusqu’à ce qu’il soit croustillant. Les lanières croustillantes ainsi obtenues étaient grasses et très caloriques.
3. Bouillie de semoule de maïs
La bouillie de semoule de maïs était bon marché, légère et relativement facile à conserver pendant de longues périodes. Il suffisait de la faire bouillir dans de l’eau jusqu’à ce qu’elle épaississe pour prendre la consistance d’un porridge, puis de la manger nature ou accompagnée de mélasse. On laissait souvent la bouillie refroidir et durcir pendant la nuit afin de pouvoir la faire frire le lendemain matin pour en faire une friandise croustillante.
4. Biscuits de marine
Ces biscuits, obtenus en mélangeant de la farine et de l’eau puis cuits au four pour former un biscuit sec et dense, étaient appelés « shoefly » ou « hardtack ». Ces biscuits étaient si durs qu’il fallait d’abord les ramollir dans du café ou de la soupe pour pouvoir les manger. Bien qu’ils ne fussent guère savoureux, ils fournissaient de précieux glucides lorsqu’il n’y avait rien d’autre à manger.
5. Tarte aux pommes séchées
Peu de voyageurs avaient les moyens de s’offrir des fruits frais pendant leur périple, mais beaucoup emportaient des sachets de pommes séchées pour le dessert ou pour prévenir le scorbut. Après avoir réhydraté les pommes dans de l’eau frémissante, on pouvait les enrober d’une pâte à tarte à base de farine et les faire cuire au four.
6. Jerky de bison
Lorsque les convois de chariots atteignaient les Grandes Plaines, les pionniers faisaient souvent du troc avec les tribus locales ou partaient à la chasse pour se procurer de la viande de bison fraîche. Ils découpaient la viande maigre en fines lanières et les suspendaient au-dessus d’un feu doux ou au soleil brûlant pour les faire sécher complètement. Cette source de protéines conservée était idéale pour grignoter tout en marchant aux côtés des bœufs, car elle ne nécessitait aucune cuisson supplémentaire.
7. Soupe aux haricots au lard
Les haricots cuits toute la journée dans une marmite constituaient l’un des repas du soir les plus courants, car ils permettaient d’étirer les réserves de viande disponibles. Il suffisait de jeter quelques haricots secs et du lard salé dans une casserole d’eau, puis de les laisser mijoter. La soupe aux haricots apportait aux voyageurs les glucides à longue durée d’action dont ils avaient besoin pour gravir les montagnes qui les attendaient.
8. Café à la mélasse
Le sucre blanc ordinaire était généralement trop cher pour le voyageur moyen, qui remplaçait souvent le café par de la mélasse pour le rendre plus sucré. Les grains de café étaient généralement torréfiés, puis moulus à la main juste avant l’aube. Mélangez le café avec de l’eau et l’édulcorant de votre choix, puis buvez.
9. Poulet mijoté à l'armoise
Le tétras des armoises était courant sur de nombreux tronçons de la Piste de l’Oregon et constituait une alternative appréciée au lard salé. Retirez les plumes et faites mijoter dans de l’eau avec des oignons sauvages, si vous en avez. Comme le tétras des armoises est techniquement un poulet, sa viande peut être mijotée comme n’importe quelle autre volaille.
10. Johnnycakes
À défaut de poêle ou de plaque de cuisson, les pionniers pouvaient préparer des johnnycakes sur le feu de camp. Mélangez la semoule de maïs avec du sel et de l’eau jusqu’à obtenir une pâte épaisse capable de résister à la chaleur directe. Versez la pâte et laissez cuire jusqu’à ce que les bords commencent à dorer.
11. Tarte au vinaigre
Une tarte sans sucre ni fruits frais était bien sûr hors de question pour la plupart des gens. Heureusement, les pionnières ont découvert que le vinaigre de cidre pouvait avoir un goût étonnamment proche de celui du citron lorsqu’on le mélangeait avec de l’eau et de la farine. La tarte au vinaigre n’était pas sucrée, mais elle permettait d’assouvir l’envie de cuisine maison.
12. Baies sauvages et crème
Si l’on voyageait à la bonne saison, le sentier offrait parfois des bosquets de mûres sauvages ou de groseilles. Si la vache de la famille donnait encore du lait, les pionniers dégustaient ces fruits accompagnés d’un peu de crème fraîche et d’une pincée de sucre. Ces rares moments de cueillette constituaient une pause bienvenue dans la monotonie des provisions sèches.
13. Le switchel ou « Haymaker's Punch ».
Le switchel, une boisson à base d’eau, de gingembre, de vinaigre et de mélasse, était très appréciée pour se désaltérer lors des chaudes journées d’été. On le considérait comme plus efficace que l’eau plate pour prévenir la déshydratation. Le gingembre aidait également à soulager les maux d’estomac causés par l’inhalation excessive de poussière.
14. Bannock à la poêle
Même si leur préparation à l’avance prenait du temps, les biscuits au levain n’étaient pas la seule option de pain pour les voyageurs. Le bannock à la poêle était préparé en mélangeant de la farine, de la matière grasse et du bicarbonate de soude pour former une pâte. Cette pâte dense était ensuite cuite comme une crêpe sur des cendres chaudes.
15. Rôti de chevreuil
Après avoir mangé du porc salé pendant des jours, voire des semaines, la plupart des voyageurs étaient ravis de pouvoir remplir leur assiette de viande fraîche. Il arrivait parfois que les chasseurs rapportent suffisamment de gibier pour nourrir tout un convoi de chariots, si bien que chacun pouvait déguster de la viande tendre au moins une fois au cours du voyage.
16. Saumon salé
Les Amérindiens vivant le long du fleuve Columbia offraient du saumon aux pionniers qui s’installaient sur le territoire de l’Oregon. Les tribus avaient souvent salé ou fumé le poisson elles-mêmes, ce qui permettait aux voyageurs de l’emporter sans craindre qu’il ne s’abîme. Ce changement dans leur apport en protéines fut un véritable soulagement.
17. Boulettes en bouillon
Vous n’avez pas beaucoup de viande ? Faites durer vos réserves de farine et d’eau plus longtemps en ajoutant des boulettes à votre ragoût. Déposez des cuillerées de pâte dans de l’eau bouillante ou du bouillon jusqu’à ce qu’elles remontent à la surface, puis rassemblez toute la famille autour de la marmite et régalez-vous.
18. Omelettes aux oignons sauvages
Si les voyageurs avaient la chance d’avoir des poules qui continuaient à pondre dans leurs cages, ils préparaient des œufs brouillés avec des herbes sauvages cueillies sur place. On cherchait de la ciboulette ou de l’ail des bois poussant près des berges des ruisseaux pour ajouter un peu de saveur, ce qui était bien nécessaire. C’était l’un des rares repas qui ressemblait vraiment à un vrai petit-déjeuner.
19. Mélanges de pemmican
Le pemmican, aliment de survie par excellence, a été créé par les pionniers qui suivaient la tradition des Amérindiens. La viande était pilée jusqu’à devenir de la poudre, puis mélangée à de la graisse fondue et à des baies. Le pemmican pouvait être consommé tel quel ou mélangé à de l’eau bouillante pour former une soupe nourrissante.
20. Ragoût à la bonne franquette
Les nuits où plusieurs chariots s’arrêtaient dans la même zone pour des raisons de sécurité, chaque voyageur apportait quelque chose à un grand plat commun. Ce ragoût préparé à plusieurs mains était l’occasion de mélanger du riz, des pommes de terre, du lard, des haricots ou tout autre ingrédient disponible pour en faire un délicieux repas.