Les plats réconfortants bénéficient d’un passe-droit que personne ne remet jamais en question. Leur nom suffit à lui seul à faire leur promotion, évoquant la cuisine de grand-mère et une couverture sur le canapé ; le plat en lui-même a donc rarement besoin de faire ses preuves sur le plan gustatif. Mais si l’on met de côté la nostalgie, bon nombre de ces classiques se révèlent simplement beiges, salés et un peu tristes lorsqu’on les regarde avec objectivité. Certains ne tiennent ensemble que grâce à une simple boîte de soupe crémeuse à la… je ne sais quoi. Voici 20 plats réconfortants qui misent davantage sur l’émotion que sur le goût.
1. Macaroni au fromage
Cette poudre orange qui se trouve dans la boîte n’est pas tant du fromage qu’une faille juridique. Même les versions faites maison, cuites au four, reposent souvent sur une sauce à base de farine et de lait qui vise davantage la texture que la saveur proprement dite. Ajoutez-y du beurre et du sel à volonté : la plupart du temps, le résultat reste un compromis.
2. Tourte au poulet
Sous cette croûte dorée se cache généralement un triste mélange de petits pois et de carottes surgelés baignant dans un bouillon épaissi à la farine. C’est la pâte qui s’attire tous les honneurs, alors que c’est la garniture qui se mange réellement, et celle-ci le mérite rarement. Si on la coupe trop tôt, le tout s’effondre en une soupe sur laquelle flotte la croûte.
3. Pain de viande
Le pain de viande, c’est de la viande hachée qui a renoncé à devenir un hamburger pour se contenter d’être une brique. Le nappage au ketchup ne suffit pas à masquer une texture qui oscille entre dense et sèche, parfois dans la même bouchée. Il se réchauffe bien, ce qui en dit long sur le plaisir qu’il a procuré la première fois.
4. Purée de pommes de terre et sauce
La purée de pommes de terre a tout pour être excellente, mais elle finit souvent noyée sous une sauce sortie d’un bocal ou d’un sachet. En soi, elle n’est composée que de beurre, de crème et d’amidon, ce qui semble plus appétissant que ce n’est généralement le cas une fois que la purée passe d’une texture moelleuse à une texture pâteuse. La sauce sert surtout à masquer le goût fade de la base.
5. Sloppy Joes
Un « sloppy joe », c’est du bœuf haché noyé sous le ketchup, présenté sous forme de sandwich. Le pain ramollit en environ quatre-vingt-dix secondes, après quoi on se retrouve à manger de la sauce à la viande avec les mains en faisant comme si de rien n’était. Les enfants adorent ça surtout parce que ça salit, pas parce que c’est bon.
6. Biscuits et sauce au jus de viande
La sauce à la saucisse, c’est essentiellement de la farine et de la graisse, avec un peu de poivre ajouté pour lui donner un peu de caractère qu’elle n’a pas. C’est un plat si lourd qu’il reste sur l’estomac pendant des heures et donne l’impression que le reste de la matinée est une erreur. Les biscuits qui l’accompagnent se transforment en bouillie avant même que vous n’ayez mangé la moitié de votre assiette.
7. Poulet frit
Un bon poulet frit, c’est vraiment un régal, mais la plupart du temps, ce qu’on trouve sur une table de plats réconfortants, c’est une panure ramollie et réchauffée qui enveloppe une viande sèche. La peau, qui faisait tout l’intérêt du plat au départ, devient molle en moins d’une heure. Une fois refroidi sur un buffet, ce n’est plus qu’une simple protéine panée.
8. Pomme de terre au four farcie
Une fois qu’on y a ajouté du fromage, de la crème fraîche et des morceaux de bacon, la pomme de terre elle-même n’a presque plus d’importance. Ce n’est plus qu’un support pour les garnitures, déguisé en légume féculent. Au fond, une simple pomme de terre au four n’a jamais été très passionnante, et tout le monde le sait au fond de soi.
9. Casserole aux haricots verts
Les haricots verts en conserve ramollissent au four, puis ramollissent encore, jusqu’à perdre toute la texture qu’ils avaient à l’origine. La crème de champignons vient lier le tout, ce qui revient à dire que ça a le goût de sel et de sauce grise. Ces oignons croustillants sur le dessus ne servent qu’à détourner votre attention de ce qu’il y a en dessous.
10. Croque-monsieur et soupe à la tomate
À elle seule, la soupe de tomates en conserve est trop liquide, étrangement sucrée et a un petit goût de fer-blanc, quelle que soit la quantité de beurre que l’on y ajoute. C’est le sandwich au fromage fondu qui fait tout le travail, et même cela ne fonctionne que si le rapport pain/fromage est équilibré, ce qui n’est généralement pas le cas. La plupart du temps, on se retrouve simplement avec du pain tiède à côté d’une triste soupe orange.
11. Chili
On considère souvent le chili comme un plat à part entière, alors qu’il s’agit en réalité simplement de bœuf haché, de haricots et de tomates en conserve mijotés jusqu’à ce que les saveurs se confondent en une seule et même note. Au-delà de la fierté régionale, la plupart des préparations font un usage massif de poudre de chili pour simuler une profondeur de goût qui n’existe pas vraiment. C’est meilleur le lendemain, surtout parce que tout le monde est trop fatigué pour remarquer la différence.
12. Shepherd's Pie
De la viande hachée sous une purée de pommes de terre, ça a l’air réconfortant… jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’il s’agit souvent d’une simple farce à pain de viande avec une étape supplémentaire. La couche de purée peut être sèche ou pâteuse selon la personne qui l’a préparée, et il y a rarement un juste milieu. On y trouve aussi des petits pois, car apparemment, aucun plat « beige » n’est complet sans eux.
13. Pain perdu
Le pain perdu, c’est du pain imbibé d’œufs, un peu détrempé, agrémenté de sirop et de sucre glace pour que personne ne se plaigne de sa texture. À l’intérieur, il est souvent pas assez cuit et a une consistance crémeuse qui donne l’impression d’un plat inachevé plutôt que d’un choix délibéré. C’est le sirop qui apporte l’essentiel de la saveur, tout comme sur les gaufres surgelées.
14. Spaghettis aux boulettes de viande
La sauce en pot et les boulettes toutes prêtes transforment un plat qui devrait avoir un goût vif et nuancé en un plat fade et sucré. Les nouilles sont généralement trop cuites au moment où la sauce est prête, au point de devenir si molles qu’elles perdent tout leur croquant. C’est copieux, mais « copieux » ne rime pas forcément avec « bon ».
15. Gratin de pâtes au thon
Du thon en conserve, de la soupe en conserve et des petits pois en conserve cuits au four sous une couche de chips écrasées ne devraient pas avoir ce goût de cantine, mais c’est pourtant le cas. Le plat dans son ensemble a à peu près la consistance d’une colle à papier peint dans laquelle on aurait incorporé du poisson. C’est surtout cette garniture croustillante qui apporte toute la saveur.
16. Pizza
Si la pizza livrée à domicile est souvent considérée comme un plat réconfortant, c’est surtout parce qu’elle arrive rapidement et bien chaude, et non parce qu’elle est généralement particulièrement bien préparée. La pâte est souvent pâteuse au centre et dure comme du carton sur les bords, et le fromage glisse en une seule couche graisseuse. C’est surtout la commodité qui fait sa réputation.
17. Hot-dogs
Un hot-dog, c’est de la viande transformée dans un boyau, bouillie ou grillée jusqu’à ce qu’elle soit assez chaude pour être mangée, et c’est à peu près tout. Le pain devient détrempé d’un côté presque instantanément, et ce sont les garnitures qui apportent toute la saveur. La nostalgie des matchs de baseball et des barbecues dans le jardin compense le fait que ce plat soit assez fade en soi.
18. Bœuf Stroganoff
Du bœuf haché ou émincé à la sauce à la crème fraîche, servi sur des nouilles aux œufs : ça semble appétissant, jusqu’à ce qu’on se rende compte à quel point le goût est monotone. La sauce repose en grande partie sur de la soupe en conserve ou du bouillon, et le plat dans son ensemble finit par n’avoir qu’un goût de sel, avec une note finale beige. Les nouilles absorbent tellement de sauce que leur texture passe au second plan.
19. Lasagnes
La préparation des lasagnes prend des heures, et pourtant, elles sont souvent trop liquides au milieu, avec des couches qui s’effritent dès qu’on les coupe. Entre les feuilles de pâtes, la ricotta et la sauce, aucun ingrédient ne parvient à s’imposer, si bien que le goût se résume essentiellement au sel et au fromage. Elles sont plus photogéniques qu’elles ne sont bonnes à manger.
20. Biscuits aux pépites de chocolat
On considère souvent que les biscuits faits maison sont une valeur sûre, mais beaucoup d’entre eux sont soit pas assez cuits au centre, soit tellement secs qu’il faut un verre de lait rien que pour en finir un. Quant aux préparations en boîte, elles n’ont pratiquement d’autre goût que celui du sucre. L’odeur qui se dégage pendant la cuisson fait plus d’effet que le biscuit lui-même.