20 traditions culinaires historiques des relais routiers qui ont fait le road trip américain
Le road trip américain doit en grande partie son caractère à ce qui se passait lorsque les voyageurs s’arrêtaient pour manger. Traverser le pays en voiture signifiait prendre un café après minuit à Providence, manger des chili dogs dans le Michigan, déguster un barbecue au Texas, savourer des palourdes frites sur la North Shore et boire de la root beer dans un grand verre froid en Californie. Certains de ces plats provenaient des habitudes de la classe ouvrière, d’autres étaient le fruit de l’esprit d’initiative des bords de route, et d’autres encore se sont imposés parce que les voyageurs revenaient année après année aux mêmes haltes. Ces 20 traditions montrent comment la restauration routière a donné toute sa saveur au road trip américain.
1. Camions-restaurants de nuit
Tout a commencé à Providence en 1872, lorsque Walter Scott a commencé à vendre des sandwichs, des tartes et du café depuis une roulotte tirée par un cheval, garée devant les locaux du Providence Journal. C’était simple, pratique et destiné à ceux qui travaillaient encore alors que les autres établissements avaient déjà fermé : on retrouve là l’essence même de la restauration routière.
2. Camions-restaurants préfabriqués
À la fin du XIXe siècle, les camions-restaurants étaient devenus des véhicules que l’on pouvait fabriquer, acheter et reproduire à volonté. Les constructeurs de Worcester ont contribué à transformer ce véhicule unique en un modèle commercial à part entière, et c’est en grande partie grâce à cette évolution que la culture des diners s’est répandue, au lieu de rester une curiosité locale propre au Rhode Island.
3. Restaurants-trains
C’est pour des raisons pratiques que les diners classiques ont fini par ressembler à des wagons de train. À l’aube du XXe siècle, à mesure que les wagons-restaurants s’allongeaient, devenaient plus permanents et mieux équipés, cette forme étroite de wagon s’est imposée, et depuis lors, les gens l’associent au confort des bords de route.
4. Le comptoir du café ouvert toute la nuit
Une grande partie de la culture gastronomique routière repose en réalité sur la culture du « dîner ». Ces établissements restaient ouverts pour les travailleurs postés, les voyageurs de nuit et tous ceux qui avaient besoin d’œufs, de tartines et de café à une heure où le reste de la ville s’était déjà endormi, offrant ainsi aux voyageurs un repas de secours sur lequel ils pouvaient compter.
5. Service de voiture à la sortie du parking
Une fois que les Américains se sont attachés à leurs voitures, les restaurants ont commencé à servir les plats à l’extérieur. Les services de livraison, les serveurs ambulants et les plateaux à fenêtre ont transformé le siège conducteur en une extension de la salle à manger, et cette petite nouveauté a fini par révolutionner la restauration routière à travers tout le pays.
6. Halte barbecue au volant
Fondé au Texas en 1921, Pig Stand est généralement considéré comme le premier restaurant drive-in des États-Unis ; il a démontré que les gens n’hésitaient pas à s’arrêter pour déguster quelque chose de plus copieux et de plus salissant qu’un simple café accompagné d’une part de tarte. Les sandwichs au barbecue dégustés dans la voiture ont contribué à faire de la restauration routière un véritable repas, et non plus une simple pause.
7. Chopes à root beer givrées
Roy Allen a commencé à vendre de la root beer à Lodi, en Californie, en 1919, et le verre bien frais lui-même est devenu un élément de l’attrait de cette boisson. Ce rituel, qui consiste à tenir un verre bien frais à la main avant de reprendre la route, reste l’un des clichés les plus authentiques des débuts de l’Amérique des routes.
8. Plats du jour
Le « blue-plate special » a connu un grand succès parce qu’il répondait à un besoin tout à fait courant. Les voyageurs recherchaient un repas complet, bon marché, rapide et copieux, et les restaurateurs des années 1920 et 1930 sont devenus passés maîtres dans l’art de leur servir exactement cela, sans chichis.
9. Coney Dogs
Le Michigan a transformé le hot-dog de bord de route en un plat auquel les gens restent étrangement fidèles. Dans les snack-bars de Détroit et d’ailleurs, le « Coney dog » est devenu une saucisse en boyau naturel garnie de chili sans haricots, d’oignons hachés et de moutarde jaune ; c’est encore aujourd’hui l’un des meilleurs repas que l’on puisse déguster debout au comptoir ou penché sur un plateau en carton.
10. Barbecue texan sur papier kraft
Le barbecue texan trouve ses racines dans les boucheries, les marchés de viande et les traditions culinaires afro-américaines, et cette histoire transparaît encore aujourd’hui dans la manière dont il est servi. Un tas de poitrine de bœuf ou de saucisses posé sur du papier boucher semble ancré dans le terroir d’une manière que beaucoup de plats vendus sur les autoroutes ne parviennent pas à égaler, ce qui explique sans doute pourquoi les gens continuent d’organiser des excursions entières autour de ce plat.
11. Cacahuètes bouillies en sachet
Les cacahuètes bouillies font partie de la culture culinaire du Sud depuis longtemps : on trouve une recette publiée dès 1899, et leur vente dans la rue est attestée à Orangeburg, en Caroline du Sud, dès les années 1920. Elles restent aujourd’hui encore le genre de friandise qu’il est préférable d’acheter chaude au bord de la route et de déguster avant même d’avoir complètement réintégré la circulation.
12. Sandwichs au homard du Maine
La Route 1, dans le Maine, a fait du « lobster roll » l’une des haltes gastronomiques incontournables du pays. Des villes comme Wiscasset se sont forgé une véritable réputation le long de la route grâce à leurs comptoirs de plats à emporter et leurs tables de pique-nique où l’on déguste des fruits de mer, et c’est en partie pour cela que les balades estivales en voiture dans le Maine s’articulent si souvent autour du déjeuner.
13. Les cabanes à palourdes de la rive nord
Sur la côte nord du Massachusetts, la palourde est passée du statut d’aliment de base des vasières à celui d’institution incontournable au bord de la route. Les stands de palourdes frites dans des villes comme Essex et Ipswich font désormais partie intégrante de l’identité de la région, et il y a toujours quelque chose de très réconfortant dans ces haltes de fruits de mer qui offrent un parking, une assiette en carton et une ambiance sans aucune prétention.
14. Corn dogs sur la Route 66
C’est à Springfield, dans l’Illinois, que la « Mother Road » a découvert l’un de ses meilleurs en-cas à emporter. L’histoire officielle de Cozy Dog lie ce drive-in à la Route 66 dès 1949, et tout l’attrait du corn dog – chaud, facile à emporter et un peu loufoque – en faisait le repas idéal pour les road trips.
15. Poulet frit au bord de la route
Harland Sanders ne s’est pas fait un nom dans une cuisine d’essai d’entreprise tout en luxe. Il a commencé à servir du poulet frit dans un restaurant routier à North Corbin, dans le Kentucky, pendant la Grande Dépression, et cette histoire des débuts est importante car elle a permis de maintenir un lien entre la nourriture, les voyages, la circulation et les gens qui s’arrêtaient. Après tout, ils avaient faim, là, tout de suite.
16. Les cuisines des relais routiers
Les relais routiers ont perpétué cette vieille tradition du bord de route à l’ère des autoroutes inter-États. L’Iowa 80 a ouvert ses portes à Walcott en 1964, avant même que le réseau autoroutier ne soit achevé, et ce genre d’endroits a continué à offrir les mêmes plaisirs simples que les gens avaient toujours recherchés : des plats chauds, du café bien fort, des tartes et une place assise pour tous ceux qui franchissaient le seuil.
17. Restaurants du Green Book
Tout récit honnête sur les voyages en voiture se doit de mentionner les établissements qui ont permis aux automobilistes noirs de voyager en toute sécurité à l’époque des lois Jim Crow. De 1936 à 1966, le Green Book répertoriait les restaurants, les stations-service, les hôtels et autres lieux de halte où les voyageurs noirs pouvaient être sûrs d’être accueillis, et ces endroits occupaient une place centrale dans la culture routière américaine.
18. Kiosques routiers aux formes originales
Les gigantesques stands de fruits d’orange californiens ont très tôt compris une vérité fondamentale : si le bâtiment attire l’œil, les gens s’arrêteront. Certains de ces stands en forme de fruits vendaient du jus, d’autres se sont mis plus tard à proposer des hot-dogs ou des hamburgers, et tous ont contribué à faire de ces haltes routières des lieux un peu ludiques et mémorables.
19. Les restaurants « Neon Route 66 »
Dans les années d’après-guerre, l’apparence des restaurants routiers importait presque autant que leur carte. Les néons, l’aluminium, le verre et les enseignes lumineuses rendaient ces établissements visibles depuis la route et difficiles à oublier une fois la nuit tombée, ce qui explique en grande partie pourquoi les diners de la Route 66 occupent encore une place si importante dans la mémoire collective américaine.
20. Le comptoir du petit-déjeuner « Pre-Road »
Certaines traditions routières sont plus discrètes que les plus tape-à-l’œil, et le petit-déjeuner au comptoir en fait partie. Le Lou Mitchell’s de Chicago s’est fait connaître non seulement pour ses origines remontant à 1923 et sa rénovation de 1949, mais aussi pour le mélange d’habitants du coin et de voyageurs qui y commençaient leur journée sur la Route 66, ce qui en dit long sur la façon dont le road trip commençait souvent par un café, des œufs et une banquette près de la porte.